Irrévérence

Clock

« Ne descends pas du trottoir, tu entends, Jacques ! Marche devant si tu veux, puisque tu ne veux pas me donner la main, mais ne descends pas du trottoir, même si tu croises le Pape ! ».

A cette époque, les rues de Nice étaient déjà très encombrées et ma grand-mère ne manquait jamais, quand nous partions pour la plage, de préluder notre promenade par cet avertissement. Fier de mon indépendance, je marchais comme un homme, à vingt pas devant elle et j’espérais le jour où l’occasion me serait donnée de dire au Pape, en le voyant devant moi : « je ne descendrai pas du trottoir, ordre de ma grand-mère ! » Il ne m’apparaissait pas aberrant de rencontrer ce saint homme au détour d’une rue et je me délectais à imaginer la scène.

Or, voici qu’un jour, descendant le boulevard qui débouchait là-bas sur la promenade des Anglais, qui vois-je au loin venir à ma rencontre, escorté d’un nonce apostolique en chasuble violette ? Le Pape. Le Pape en personne.

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Le gros lot

MonologueClock

Je suis sûr que vous ne vous rendez pas compte de la chance que vous avez d’être ici en ce moment !… Je ne dis pas d’être ici dans cette salle à m’écouter parler, ça c’est déjà une chance formidable évidemment, non, non, je parle de la chance que vous avez d’être ici tout court, d’être ici sur la terre, si vous voulez. Si vous tenez compte du fait que lors de votre conception, il y a eu à peu près un million de spermatozoïdes qui participaient à la course à l’ovule et que c’est le vôtre qui a gagné, vous voyez bien que votre naissance est le fruit d’un coup de pot monstrueux ! (Si j’ose dire) Continuer à lire

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