Appelez-moi « Maîtresse »

 

  • MicroClockOn doit vous appeler comment ?

La question était simple. Mais je n’ai pas su y répondre. Je suis restée coincée…

  • Heu… Vous voulez dire quoi ?
  • Eh bien, est-ce qu’on doit dire « Maîtresse » ?
  • Mais pourquoi donc ?
  • Parce que les avocats, on les appelle « Maître », et que « Maître » au féminin, normalement, c’est « Maîtresse », non ?
  • Heu… Appelez-moi Jehanne Sosson, tout simplement, ou Madame.

J’avais un peu le sentiment d’avoir esquivé une bonne question.

Effectivement, le féminin de maître, c’est maîtresse. En tout cas pour les maîtresses d’école. Alors pourquoi pas pour les avocats ou les notaires ?

La question m’a chiffonnée.

Continuer à lire

filigrane filigrane

Allo maman ? Ici Bébé !

FB
Quelle journée ! Un vrai marathon.

Lever, sept heures. La course pour être prêts à temps, comme d’habitude. Le biberon avalé en deux minutes. Pas le choix ; on est à la bourre.

Huit heures : arrivée devant la crèche. Je me dis chaque fois qu’ils devraient faire comme à la gare : des dépose-minute ! Ou comme quand on va acheter des hamburgers : mettre une borne à l’entrée du parking où papa crierait qu’on arrive, et vingt mètres plus loin, une fenêtre qui s’ouvre avec une puéricultrice qui, hop, me prend. Cinq minutes de gagnées dans l’horaire, ça ne serait pas négligeable !

En tout cas, à la crèche, c’est l’horreur. On n’a vraiment rien à faire. On s’ennuie ferme. On est trente à brailler comme des diables. Il y a bien les puéricultrices qui courent dans tous les sens pour satisfaire nos besoins primaires et qui nous parlent comme si on était des débiles ; mais à part cela, rien ! Elles nous ont mis des tonnes de jouets très colorés par terre ou qui tournent au-dessus de nos têtes avec une petite musique stupide. Si elles croient que cela nous occupe ! Non, il nous faut plus et mieux !

Continuer à lire

filigrane filigrane

Babylibéralisme

FB
Janvier 2029.

Une crise sans précédent secoue le marché des bébés et de ses produits dérivés. Le stock d’enfants à vendre a en effet soudainement doublé vu l’arrivée sur le marché de 100.000 bébés chinois âgés de moins d’un mois, mis en vente sur internet depuis une semaine, à des prix extrêmement compétitifs. Ce n’était pourtant pas une surprise : la Chine avait annoncé il y a quelques mois avoir produit 20.000 utérus artificiels à gestation ultra rapide pouvant engendrer chacun cinq bébés par mois. Pourtant, ni la bourse américaine, ni les bourses européennes n’avaient anticipé ce nouvel arrivage. L’offre dépassant pour la première fois très largement la demande, le cours du bébé s’est donc effondré sur le marché des échanges.

Par ricochet, le prix des mères porteuses a chuté : il est passé de 3.000 à 100 dollars. Les consommateurs préfèrent en effet désormais acheter un bébé produit par un utérus artificiel dont ils peuvent choisir toutes les caractéristiques physiques (couleur de peau, de cheveux, d’yeux…) et même morales (de récentes études scientifiques ayant confirmé l’importance de la transmission biologique des gênes religieux, philosophiques et éthiques). Ce marché jusqu’ici florissant est totalement menacé.

Continuer à lire

filigrane filigrane