Permis de sève

FB

A la mi-février, les Romains célébraient les Lupercales qui ouvraient le printemps. Les jeunes gens de la Ville couraient tout nus par les ruelles en se flagellant, tandis que les demoiselles se pressaient sur leur passage pour émoustiller leur fertilité (on sait que le fouet, comme une bonne fessée, peut avoir des conséquences charmantes…). Bien entendu, l’Eglise, qui connaît mieux que d’autres l’art d’accommoder les restes, a récupéré l’événement, suggérant que tous les 14 février, les amoureux, au cœur pur et aux intentions honnêtes, s’abîment dans le souvenir de saint Valentin de Terni.

Continuer à lire

filigrane filigrane

Le piège diabolique

FB

Puis-je vous conter la chose la plus admirable, la plus instructive, la plus inquiétante, la plus banale, la plus irritante, la plus haute, la plus basse… oui, en fait, la plus basse, car l’aventure a lieu dans un parking souterrain, un de ces endroits où tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté, et dont la répartition harmonieuse fait la gloire de notre bonne ville de Bruxelles ?

Il existait dans le temps d’aimables vampires, des êtres un peu tristes et tout décolorés, qui passaient leurs journées dans ces profondeurs plutôt que de s’ébattre à la lueur du jour dans les champs d’asphodèles. Ils répondaient parfois à vos questions et parvenaient à résoudre des problèmes que n’eut pas désavoués Fermat. Avec l’évolution du siècle, et pour d’obscures raisons de sauts d’index ou autres drôleries, on les a remplacés par des distributeurs automatiques, tout de jaunes vêtus, qui offrent à l’usager leur visage austère et leurs services stéréotypés. C’est donc ces machines qui vous accueillent avec joie, tout en contrôlant vos sorties comme Torquemada jadis soupesait les âmes.

Continuer à lire

filigrane filigrane

Les cartes de voeux

FB

A partir du 1er décembre, la vie se transforme. Avec une impitoyable régularité arrivent de tous les coins de la Voie Lactée des petits bouts de carton, pleins de fluide glacial et de sentiments torrides, qui vous promettent l’accomplissement de cent bluettes, la fortune, le bonheur et d’autres miracles auxquels personne ne pense avant la date fatidique. Comme il est opportun de réagir en formulant des souhaits réciproques, les journées se passent à écrire, à rechercher des adresses et à tenter d’identifier Bwana Kitoko ou Mimi dont la signature – pudeur oblige – est généralement illisible. Quant à la fortune, si tous les analystes financiers s’accordent pour dire qu’elle commence au premier centime, aucun n’a étudié l’impact sur un budget normal des dépenses en cartes, enveloppes et timbres englouties dans ce joyeux maelstrom.

En réalité, les cartes de vœux semblent dériver de la Genèse.

Continuer à lire

filigrane filigrane