Le marbre de l’amour

« Elle m’effleure d’une caresse du geste »

Casanova

Au hasard de mes pérégrinations dans la cité, j’ai découvert une sculpture dont la sauvage sensualité évapore les pluies et les neiges qui se précipitent, dévalent et glissent sur les corps nus de deux amants torsadés par l’amour. Leur couche est un podium sorti de terre, creusé par leur poids de statufiés. Comme si l’artiste n’avait pas voulu les remettre dans le trottoir, les pavés sont restés déchaussés, petits blocs dispersés tout autour du socle granitique surélevé. La femme est allongée sur le dos, le bras droit sous sa chevelure évasée. Son ventre tourne vers lui tandis que son sein pointe vers le ciel. Elle est heureuse, ivre des senteurs, murmures et souffles des ferveurs libertines. Son amant est appuyé sur le coude droit, la main posée sur l’avant-bras longiligne de sa compagne. La torsion des muscles d’albâtre du dos est assouplie par l’ardeur contenue. Continuer à lire

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