Eulalie et l’amour – 4. Mohammed

Les courses, Eulalie n’a jamais réussi à savoir si elle aimait ça ou non. Bien sûr, on peut voir ce qu’on va manger… C’est bien, ça ! Pour Eulalie, malheureusement, c’est surtout un exercice de calcul de base, et pas cet exercice délirant d’abondance qu’elles sont devenues (Dieu merci!) pour la plupart d’entre nous. Son regard, par nécessité, est attiré vers le dessus ou le dessous des rayons, là où sont -mais oui, souvenez-vous- les marques blanches avec des logos optimistes du genre cochon-tirelire, petits pièces de monnaies. Les produits blancs, quoi.  Car oui, la dernière commande d’Eulalie remonte à… quand, encore ? C’était un décor pour restaurant italien, représentant un village de pécheurs, peint à fresque contre le mur de la cuisine, et entouré de festons baroques en faux-chêne.  De la belle ouvrage, ça oui, et elle avait été nourrie gratis.  Et avec autre chose que les raviolis en boite qu’elle relouque à l’instant présent.

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