A l’aïoli

Disons-le tout de go: je suis de ceux à qui l’ail déplaît. Hortense est au contraire de celles que ce condiment ravit. Comme vous pouvez l’imaginer, elle aspirait à descendre à « L’aïoli », ce fameux restaurant dont la réputation flatteuse était due à sa singulière tradition de ne servir que des plats aillés. J’acceptai d’affronter l’épreuve et de renoncer exceptionnellement à mes réticences habituelles. Continuer à lire

filigrane filigrane

Beau Noël

Le réveillon de Noël, cette année, je le fête avec Papa. Enfin, « fêter », c’est une façon de parler.

Papa n’est pas du genre à faire la fête – pour ça, il devrait être capable de bonheur, de joie, et savoir rire à pleines dents . Papa, il garde toujours les dents serrées, et quand il les desserre pour faire un gros rire comme s’il se marrait, ça sonne faux. Continuer à lire

filigrane filigrane

La trahison de ma maîtresse

J’ai toujours détesté les scènes d’amour au cinéma, ces moments de calme inévitables qui ne servent que de contrepoint aux scènes d’action qui les encadrent et où un cow-boy de dos se courbe sur  le corps frêle mais pulpeux d’une blonde, laquelle regarde la caméra avant de fermer les yeux, feignant de défaillir niaisement dans un bonheur total. Je détestais ces scènes de mièvrerie jusqu’à ce que Fabienne entre dans ma vie. Et dans mon cœur. Il y a dix mois maintenant. Continuer à lire

filigrane filigrane

Tarif de nuit

Elle habite au deuxième, moi le duplex des troisième et quatrième. Pour tenter de la croiser, je descends et je monte par l’escalier, négligeant l’ascenseur. Je lui ai dit un jour que c’était pour garder la ligne. Suédoise, vraie blonde et pleine d’esprit, Mathilda ma voisine du dessous m’obsède.

Continuer à lire

filigrane filigrane