Des slogans aux sanglots

Grisés de slogans aigris, galvanisés de cris gargarisés au gueulophone, les vigoureux grévistes ont gravi grues et gravats de l’avenue de ce gouvernement d’ingrats qui s’engraissent grâce eux. La grève gronde.

Gavés que vogue leur galère au gré des vagues d’évictions et d’avantages dégressifs, ils veulent vaincre l’ogre Goliath avec de vulgaires graviers. Faute de grives…  La grève dérive. L’heure est grave.

Ivre de cervoise ingurgitée au goulot et de grasses merguez avalées au galop, la voix du gueulophone divague désormais. De groovy, la verve se fait grivoise, puis navigue progressivement vers le graveleux. Rires gras, gaffes en vrac, graffitis et gros dégâts. Le vacarme aggrave leur cas. Des gangs gravitent autour des grévistes. Le chaos englue ce que le groupe revendique. La grève vire au grabuge.

Les gouvernants qui les grugent se gaussent, ravis de ces dérives à gogo. Ils gagnent – sans gloire, certes–, mais ils en rigolent, les bougres.

Regrets sanglants et grévistes sanglotant.  Bigre, quel gâchis navrant !

La grève est un droit, c’est vrai, c’est gravé, mais la grève agressive aujourd’hui ne nuit-elle pas gravement à l’argument ?

Cédric Lefebvre

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