Nuit

 Les soirs d’automne, à Paris, la Seine couvre ses berges

et la douceur submerge les hommes.

I

S. est en partance. Heureuse, triste aussi.

Z. est de retour. Triste. Heureux aussi.

Mélancolie de l’entre-deux.

Suspension du temps.

II

 

Ce vendredi de novembre, S. et Z. attendent sans savoir ce qu’ils attendent.

L’amour, peut-être.

Au lointain, la sirène d’une barge sombre découpe en deux le silence de la ville.

Le ciel est absorbé par le buvard de la nuit.

III

 S. et Z. se retrouvent sur une grande place couverte de feuilles mordorées.

Ils se regardent puis échangent un signe de la main.

Ils marchent lentement l’un vers l’autre en souriant.

IV

Une violente déflagration démembre la ville.

Cris, flammes, opacité de la mort rouge qui dérobe les corps, foule égarée, sirènes hurlantes. Souffle de la nuit incandescente.

–––

 Les soirs d’automne, à Paris, la Seine couvre ses berges et la douceur

submerge les hommes.

Laurent Grison

© Ce texte, comme l’entièreté de site, est protégé par le droit d’auteurs.
Tous droits réservés par la loi
filigrane filigrane