Cher Saint Nicolas

 

Micro

Bruxelles, le 7 décembre 2016FB

Cher Saint Nicolas,

 

C’est moi, Gaspard, qui t’écris encore.

C’est pas que je n’ai pas reçu tout ce que je t’avais demandé dans ma première lettre : tu m’as tout apporté, et même en plus des trucs que j’avais pas demandés.

Non, en fait, je voudrais me plaindre… du père fouettard. Car à l’école, quand t’es venu, ton père fouettard, il était pas noir. Il était blanc.

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La trahison de ma maîtresse

J’ai toujours détesté les scènes d’amour au cinéma, ces moments de calme inévitables qui ne servent que de contrepoint aux scènes d’action qui les encadrent et où un cow-boy de dos se courbe sur  le corps frêle mais pulpeux d’une blonde, laquelle regarde la caméra avant de fermer les yeux, feignant de défaillir niaisement dans un bonheur total. Je détestais ces scènes de mièvrerie jusqu’à ce que Fabienne entre dans ma vie. Et dans mon cœur. Il y a dix mois maintenant. Continuer à lire

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Eulalie et l’amour – 4. Mohammed

Les courses, Eulalie n’a jamais réussi à savoir si elle aimait ça ou non. Bien sûr, on peut voir ce qu’on va manger… C’est bien, ça ! Pour Eulalie, malheureusement, c’est surtout un exercice de calcul de base, et pas cet exercice délirant d’abondance qu’elles sont devenues (Dieu merci!) pour la plupart d’entre nous. Son regard, par nécessité, est attiré vers le dessus ou le dessous des rayons, là où sont -mais oui, souvenez-vous- les marques blanches avec des logos optimistes du genre cochon-tirelire, petits pièces de monnaies. Les produits blancs, quoi.  Car oui, la dernière commande d’Eulalie remonte à… quand, encore ? C’était un décor pour restaurant italien, représentant un village de pécheurs, peint à fresque contre le mur de la cuisine, et entouré de festons baroques en faux-chêne.  De la belle ouvrage, ça oui, et elle avait été nourrie gratis.  Et avec autre chose que les raviolis en boite qu’elle relouque à l’instant présent.

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