Père Noël un jour, Père Noël toujours

L’année dernière, j’étais Père Noël. A tout prendre, j’aimais mieux. Même si répondre aux demandes ou questions des mômes, ce n’était pas toujours facile, ni drôle d’ailleurs (« Pourquoi l’an passé tu m’as pas amené le fusil d’assaut que je t’avais demandé ? » ; « C’est qui le chef dans les trois pères Noël devant le magasin ? C’est toi ? » … J’en passe et des meilleures).

Cette année, je suis Joseph. Dans la crèche vivante qu’ils ont décidé de monter au centre de la galerie commerçante. Continuer à lire

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Beau Noël

Le réveillon de Noël, cette année, je le fête avec Papa. Enfin, « fêter », c’est une façon de parler.

Papa n’est pas du genre à faire la fête – pour ça, il devrait être capable de bonheur, de joie, et savoir rire à pleines dents . Papa, il garde toujours les dents serrées, et quand il les desserre pour faire un gros rire comme s’il se marrait, ça sonne faux. Continuer à lire

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Saint Nicolas (ou est-ce l’âne?)

Eulalie et l’amour – 7ème épisode (lire les autres épisodes)

Ce déjeuner avec Cécile (Cécile, c’est une copine) s’est assez mal passé. Tu attends pourtant de tes amis un peu de réconfort. Tu lui avais raconté tes derniers espoirs déçus, dans l’espoir d’être plainte, au moins.

  • Quoi !, a-t-elle fini par s’énerver, fais quelque chose. J’en ai marre que tu ne parles que de tes problèmes !

« Faire » quelque chose ! Elle en a de belles, Cécile. Comment faire quelque chose quand personne ne vous demande rien ? Je ne demande qu’à « faire » !

  • Je ne sais pas, quoi, investis toi dans le non marchand, fais des choses pour les autres ! Tu verras qu’il y a plus malheureux que toi !

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Cher Saint Nicolas

 

Micro

Bruxelles, le 7 décembre 2016FB

Cher Saint Nicolas,

 

C’est moi, Gaspard, qui t’écris encore.

C’est pas que je n’ai pas reçu tout ce que je t’avais demandé dans ma première lettre : tu m’as tout apporté, et même en plus des trucs que j’avais pas demandés.

Non, en fait, je voudrais me plaindre… du père fouettard. Car à l’école, quand t’es venu, ton père fouettard, il était pas noir. Il était blanc.

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La trahison de ma maîtresse

J’ai toujours détesté les scènes d’amour au cinéma, ces moments de calme inévitables qui ne servent que de contrepoint aux scènes d’action qui les encadrent et où un cow-boy de dos se courbe sur  le corps frêle mais pulpeux d’une blonde, laquelle regarde la caméra avant de fermer les yeux, feignant de défaillir niaisement dans un bonheur total. Je détestais ces scènes de mièvrerie jusqu’à ce que Fabienne entre dans ma vie. Et dans mon cœur. Il y a dix mois maintenant. Continuer à lire

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