Roman

 

sossonLE SIECLE DE JULIETTE, éditions Thélès, Paris, 2011.

« Demain, c’est le grand jour pour Mamy J. C’est chouette de fêter une centenaire, surtout elle ! Le problème, c’est de réunir toute la famille. Dans le genre mettre vingt pétards dans une boîte et attendre que ça explose… Pas besoin d’allumettes ! Sûr, ça partira tout seul ! »

C’est en ces termes que le petit Carlos parle de l’anniversaire de sa grand-mère et de sa famille. A l’occasion, tous se réunissent dans un hôtel. De chambre en chambre, on découvre les petits secrets, les grandes craintes, les silences arrangeants de chacun, comme ce gendre qui quitte l’hôtel en pleine nuit parce qu’il a été critiqué sur son after-shave ou cette sœur qui peaufine son discours sous l’œil hypocrite de son mari… Mais parmi ces êtres si différents, comment Juliette va-t-elle réagir ?

Un roman qui évoque une série de portraits de famille truculents, avec des dialogues qui font mouche. Entre drame et comédie, Jehanne Sosson nous invite à la suivre dans les couloirs, et à ouvrir la porte que nous gardons tous bien fermée pour nous protéger… des autres.

 

 Le commentaire d’Edmond Morel

 

Le premier roman de Jehanne Sosson se partage en chapitres qui sont autant de nouvelles dont l’espace est délimité par une chambre de l’hôtel ou la Réception de celui-ci. La nouvelle romancière a choisi de jongler avec les différentes expériences qu’elle a accumulées dans sa profession ou dans ses activités littéraires. Avocate spécialisée dans le droit de la famille qu’elle enseigne par ailleurs à l’Université de Louvain-La- Neuve, en Belgique, Sosson observe et décortique la cellule familiale dans toutes ses complexités. On imagine que dans son cabinet ou dans les salles d’audience, la juriste a été confrontée au plus près à la fragilité, à la détresse, à la passion. Elle y a puisé ce matériau qui lui a permis de faire de chacun des personnages du « Siècle de Juliette » un portrait romanesque sensible et empathique.
Auteure de théâtre (avec son complice Hippolyte Wouters) et nouvelliste (elle y a publié entre autres une nouvelle sidérante sur la natalité assistée « Babylibéralisme » dans la revue MARGINALES et dans la collection « Miniliv » des Editions du Banc d’Arguin), Sosson combine avec bonheur le sens du dialogue et celui de l’ellipse.
C’est peut-être là qu’il faut chercher cette tonalité si particulière du style souriant et sensible avec lequel l’écrivain entrelace les fils de cette réunion de famille pour en tisser le tableau d’un siècle, celui d’une famille, celui d’une centenaire, Juliette qui, à la dernière ligne, nous livrera son secret.
Car, y a-t-il famille sans secret ?

Edmond Morrel

http://www.espace-livres.be/Ecoutez-Jehanne-Sosson-au-micro-d?rtr=y