Saint-Valentin sans Valentine

Si la Saint-Valentin sans Valentine, ça va un temps, ça fait si longtemps qu’il entend : «va-t’en, valet !» qu’il en est las, si las.

Il se sent si laid, vilain, invalide. Il évalue si la vie vaut autant sans l’aval d’un ami, sans l’avis d’un amant.

Il se sent ceint dans un sas sans teint. Un savant qui sait tant, qui voit tant, qui sent tout. Mais la vie sans aventure est vide de sens, sans dessus dessous.

Avant, il l’avait elle, si avenante, si envoûtante. Mais ça c’était avant. Souvent tenté, il salivait en sentant ses seins. En suant, c’est vil. Envie. Avidité. Instants volés et volupté. Le temps allait alors si vite qu’il s’est sauvé.

Mais elle a fait ses valises et s’est envolée. Sans ambivalence.

Et vlan ! Sa vie s’est éteinte, lavée de sa saveur, vidée de sa valeur.

Sans équivalent salvateur, sans vice et sans avenir, il a ravalé sa salive, tant tout va à vau-l’eau. Ses voiles sont sous le vent, le laissant sans essence. Ses sens se sont soulevés. En vain.

Le Valentin s’en va, lente valse en solo, se vidant de son sang. Satan l’attend… Et cette idée latente le tente.

 

Cédric Lefebvre

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